Conseil Nantes Métropole 08 Février 2019 / Point n° 3 Intervention de Philippe SEILLIER / TRANSFERT

Le Conseil du 16 février 2018 nous vantait non sans emphase et flagornerie un projet exceptionnel, particulièrement ambitieux et inédit en France, d'installation d’une zone d'art et de culture provisoire sur un territoire de 15 hectares ;

On nous y faisait aussi état des enjeux en termes d'innovation et d’expérimentation en matière culturelle.

Cette oasis culturelle, cette zone libre d'art et de culture, n'avait déjà pas fait l'unanimité au conseil municipal de Rezé.

Aujourd'hui après cette première version quel en est le constat ?

Son cout :

En 2018 une subvention de 2 Millions d'euros d'investissement et 600 000 € de fonctionnement ont été consacrés à cet évènement.

En 2019 seront versés 200 000 euros de budget d'investissement et 1,2 millions de fonctionnement.

Sur un budget prévisionnel de 6 millions sur 5 ans nous en sommes déjà à 4 millions en deux ans. A ce rythme-là on devrait enregistrer à la fin de la séquence un budget de 10 millions d'euros.

Chapeau l'artiste !

On nous avait été annoncé des interventions financières de l'état, du département et de la région.
A ce jour il n'en est rien. Pourquoi ?
Ces participations seront-elles bien réelles ?

Il nous a aussi été dit que des partenaires privés comme la COGEDIM et le Crédit Agricole interviendraient pour des montants respectifs de 500 000 €. A ce jour, seulement 300 000 € ont été versés par chacun d'eux.

Sur ce point budgétaire, on ne peut que constater un flou que certain qualifierait « d'artistique » mais qui de notre point de vue ne fait pas montre d'un grand talent dans la dépense des fonds qui vous sont confiés.

Les faits ne sont en rien rassurants quant à pour la dérive des montants qui vont être alloués à cet événement.

Si « L'art a toujours été financé par l'argent public et qu'Il est soi-disant de notre responsabilité de collectivité de participer à un projet comme celui-là » il n'en est pas moins vrai qu'il nous est aussi de notre responsabilité de suivre en toute transparence les dérives qui s'annoncent déjà.

Second point concerne l'accessibilité en transport en commun.

Le tram est à vingt minutes de marche, que l'on descende à la gare de Pont-Rousseau ou à Diderot. Il y a bien des bus qui passent dans cette zone Atout Sud et à Trentemoult (lignes 30, 97 et 36), mais, le soir, ils ne circulent plus.
Les organisateurs ont demandé une navette, mais ne l'ont pas obtenue.

L'oasis culturelle garde en cela son caractère d'oasis et de fait, l'accès au site ne se fait pour une très large majorité de personne en voiture ce qui n'est pas sans poser de problèmes de stationnement dans le quartier.

Les nuisances sonores

Entre les survols des avions chargé certainement, d'un public de plus en plus nombreux attiré par la qualité de la programmation de TRANSFERT et le bruit dégagé par ces créateurs artistiques, les habitants de la haute ile, de port au blé, du quartier Saint-Lupien et jusqu'à ceux du quartier du Château, sans parler des Mens, voisins directs du site ont été particulièrement gâtés cet été dernier.

On nous dit que les riverains ont été rencontré par les porteurs du projet, que les concerts devraient s'arrêter à 23 heures, avec quelques exceptions et que des mesures de bruit seront réalisés. On nous dit aussi que Nicolas Reverdito souhaite travailler sur cette problématique.

Nous voilà rassurés ;

Mais pour bon nombre de riverains qui en gardent un souvenir qui résonne encore de façon très présente, il sera toujours temps l'année prochaine de faire un point sur l'augmentation du nombre de crises de nerfs.

Et un bonheur n'arrivant jamais seul, nous aurons dès Avril prochain et jusqu'en septembre la chance de profiter à nouveau de cet évènement.

Il ressort aussi qui dans les faits que tous les types de public ne semblent pas concernés par Transfert.

On est donc en droit de se demander s'il y a vraiment une dimension métropolitaine à cet évènement qui en fait ne touche qu'une partie seulement d’entre nous qui ne manquons pas d'ailleurs, sur notre agglomération d'oasis du même genre.