Conseil Municipal du 8/04/19 : Déclaration de Philippe SEILLIER

Délibération / Plan d’actions municipales de lutte contre les faits d’atteinte physique ou morales des mineurs. Déclaration de Philippe SEILLIER

Cette délibération est le symptôme de la gravité des faits commis et révélés sur des enfants par un éducateur employé de la ville de REZE.

On ne peut les en dissocier.

Cette délibération est surtout la révélation de votre inquiétude comme celle des responsables des services sous votre autorité, non sur l’angoisse des parents et sur ce qu’on put vivre leurs enfants, mais bien sur la façon dont vous avez géré une situation que tous ici condamnons.

Ce plan a tout d’un phénomène réflexe de l’organisation dont vous avez la charge en tant que Maire et plus qu’un plan de lutte il est d’abord le plan de la peur.

Avant toute chose, et plutôt qu’à rechercher s’il y a eu en son sein des dysfonctionnements, des erreurs dans les décisions prises et pour tout dire des responsabilités collectives et personnelles dans la gestion qui a été apporté aux faits révélés dès septembre 2018, sans aucun diagnostic sur la gestion des évènements, ni qu’aucun bilan sur les procédures existantes, si elles existent, n’ai été établi, vous vous défaussez en proposant un plan de lutte.

Pour y apporter l’emphase qu’il convient à ce plan miracle vous y adjoignez une Sénatrice qui a elle-même été surprise de s’y trouver associée.

Ce plan est l’aboutissement de ce vaudeville médiatique et communicationnel qui a atteint son paroxysme, à l’annonce de la présence de parents consternés au Conseil municipal du 29 mars dernier que vous annulez quelques heures seulement avant sa tenue et ou vous vous barricadez dans la Mairie en y condamnant les portes et interdisant l’entrée à ces mêmes parents et aux élus.

Ce faisant, la Maison du peuple est devenue votre « bunker ». Est-ce bien normal ?
Votre panique va encore monter d’un cran lorsque vous adressez aux Maires de la Métropole et aux présidents des associations de la commune, un courrier ou vous y livrez vos explications.

Cette communication était-elle bien nécessaire ou n’exposait-elle pas à tous votre fébrilité et, n’y sous entendait-elle pas des dysfonctionnements ?

Alors nous y voilà donc, après tout ce brouhaha, vous nous sortez à grand renfort de « Comm » un fameux plan de lutte tandis que vous refusez une enquête interne demandée par vos adjoints et des élus membres de votre majorité.

Comment pouvez-vous envisager que nous statuerons sereinement et sans arrière-pensées sur la mise en place d’un plan de lutte contre des actes odieux, tant que les parents n’auront pas obtenus les réponses à leur plus que légitimes interrogations, tant que vous n’aurez pas décidé la mise en place d’une cellule psychologique dans les écoles, et sans connaitre la décision de la justice sur des actions en responsabilité qui ont été entreprises ?  

Par respect pour nos Agents aussi, dans leurs missions aux services des familles et des enfants, comment pouvez-vous vous exonérer de savoir s’il y a eu des défaillances ou pas ?

S’il y a eu dysfonctionnement, il faut le savoir. Si aucune n’est relevée il faut le faire connaitre en toute transparence.

Soutenir nos services et nos Agents, ce n’est pas cacher la vérité sur d’éventuelles chaines de responsabilités.
Tant qu’on ne saura rien sur la gestion qui a été apporté à ces évènements, on ne pourra défendre la qualité de leur travail et l’honneur de leur mission.

Ces préalables satisfaits, nous suffiront-ils à entériner votre plan ?
Nous ne le pensons pas car il porte en son sein les vices qui le condamne déjà :

Il est sorti d’on ne sait où, et personne n’a été invité à sa construction,
Ni les parents et leurs associations de parents d’élèves,
Ni les enseignants et leurs syndicats,
Ni les membres et les acteurs de la communauté éducative,
Ni les agents des services de l’éducation,
Ni les membres des forces de police,
Ni les élus en commission.

Bâti à la vas-vite aucune analyse des conséquences sur les préconisations qui y sont faites n’ont été mesurées.
Déjà des SMS adressés aux parents ont contribués à les mettre en état de panique.

Les méthodes préconisées y sont dangereuses et n’ont pas fait l’objet d’une réflexion approfondie.

Je l’ai dit, ce plan est un plan de fuite ; mal à propos il n’est pas pour l’heure la réponse qu’attendent les parents et tous les Rezéens ;
Il est pour nous surement, une de vos manipulations de plus.
C’est votre plan de sauvetage et de salut politique dans la traversée de votre mandat en solitaire.

Enfin et pour terminer, je veux m’adresser à nos collègues qui s’apprêtent à le voter.

Je veux leur dire qu’une telle situation ne s’est jamais produite sur notre commune.

Ils savent comme moi le poids de la charge d’un Maire, comme celui d’ailleurs de tous responsables d’Association ou d’Entreprise.

Les évènements que nous avons connus peuvent arriver à tout un chacun en charge d’une responsabilité.

Mais peut-on laisser la moindre opacité sur le traitement qu’en font des responsables dès lors ou ils se produisent ? (Cf jurisprudence BARBARIN).

N’est-il pas de notre responsabilité d’élus de proximité qui sommes au cœur de notre démocratie du quotidien, de crier cette vérité.

La vassalité à un statut d’adjoint, à une indemnité d’élu, à un titre de conseiller, nous ferait devenir par notre silence, les complices des acteurs de ces actes odieux sur des enfants.

Et c’est en pleine conscience, au moment de voter cette délibération, qu’il en sera de l’honneur de notre engagement au service de nos concitoyens.